Le réemploi, c’est quoi ?
Le réemploi désigne les pratiques ayant pour but de remettre en circulation des éléments mobilier, d’équipements ou encore de construction destinés à être jeté.
Le réemploi n’a pas vocation à gérer des déchets. Il prévient leur production en considérant ces éléments comme des ressources à valoriser.
Le réemploi s’attache à conserver la fonction initiale des objets. Une porte en bois correctement déposée sur un chantier de démolition sera intégrée en tant que porte sur un nouveau projet. Si cette porte devient par exemple un plan de travail de bureau, on parlera alors de réutilisation. Si cette porte en bois est broyée puis transformée en panneau de bois, nous parlerons de valorisation matière. Enfin si cette porte est brulée ou enfouie, nous parlerons de gâchis !
En favorisant l’allongement de la durée d’usage des éléments, le réemploi a un impact environnemental et social positif. Il permet de réduire la production de déchet, de diminuer la consommation de matière première et de limiter l’empreinte carbone des projets de construction. Le réemploi agit également en faveur de l’emploi local et de la création de nouveaux métier (déconstructeurs, valoristes) dans une dynamique territoriale d’économie circulaire. Il s’agit de “ré-inventer” un modèle économique qui privilégie l’Homme à l’Énergie et à la Matière.
Le réemploi & Le Wip :

Depuis 2016, le Wip promeut et met en œuvre le réemploi de matériaux dans le bâtiment en gérant et animant la Cité de chantier à Colombelles. Bâtiment conçu et réalisé par le Collectif ETC et constitué à 80% de matériaux réemployés. ©collectif ETC
Depuis 2018, le Wip est titulaire du lot “réemploi de matériaux”, en co-traitance avec Stéphanie Paly, sur le chantier de réhabilitation de la Grande Halle sous maîtrise d’ouvrage de Normandie Aménagement et de l’Etablissement Public Foncier de Normandie et dont les maîtres d’œuvre sont les architectes Construire et Encore Heureux et Albert et compagnie, pionniers du réemploi de matériaux en France.

Notre mission consiste à identifier, collecter, stocker, et préparer des matériaux issus de démolition et réhabilitation voisines pour les mettre à disposition des entreprises retenues pour réhabiliter la Grande-Halle.
Pour ce faire, nous avons également construit un atelier de réemploi directement sur le site de la Grande Halle, avec ATIPIC et TMI.
La dernière étape de notre mission consiste en la construction du meuble bar en matériaux réemployés qui est bien en vue dans le futur bar-restaurant de la Grande Halle géré par Le Spot.
Ce travail est mené en partenariat avec l’école supérieure d’ingénieurs des travaux de la construction de Caen (ESITC) et l’entreprise à but d’emploi ATIPIC installée à Colombelles. A ce jour, il a permis de réemployer 40 radiateurs en fonte, 50 portes en bois massif dont 2 portes coupe-feu, 20 equipements sanitaires, 500 m2 d’isolant (laine de roche), 500m linéaire de chemin de câble, de la faïence, des poutres métalliques, des poutres en bois et plus encore.

Au cours de cette expérience, nous avons pris conscience de l’importance et de la qualité des gisements. Nous avons aussi remarqué qu’il était indispensable de disposer d’une plateforme pour stocker, re-conditionner et mettre à disposition les matériaux de réemploi. Il nous est également apparu que le processus d’intégration de matériaux de réemploi était viable et que les maîtres d’ouvrage avaient la volonté de faire évoluer leurs pratiques dé-constructives et constructives en direction du réemploi.

Dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt « Economie circulaire en Normandie » co-organisé, fin 2018, par l’ADEME, la Région et l’Etat, le Département du Calvados et Calvados Habitat ont confié à Stéphanie Paly et au Wip une mission de recherche-action visant à expérimenter le réemploi des matériaux. Cette expérimentation, actuellement en cours, a pour objectif de faire circuler les éléments de construction au sein de leurs projets. Avec les équipes chargées d’opérations, nous testons des outils, nous mettons au point des méthodes de travail et nous nous attachons à démontrer, au travers d’indicateurs et d’exemples concrets, que le réemploi permet de réduire la production de déchets et la consommation de ressources naturelles tout en favorisant le développement des savoir-faire et de l’emploi local (postes d’experts en réemploi et de valoristes).

Ces premières expériences nous ont permis d’appréhender l’ampleur des besoins, des possibilités et des défis à relever pour faire circuler les éléments de construction à l’échelle d’un territoire. Elles nous ont permis de développer notre réseau de partenaires, d’enrichir notre expertise et d’affirmer notre volonté de contribuer au développement d’une filière de réemploi du bâtiment en Normandie. Il est temps pour nous de passer à la vitesse supérieure, de transformer ces expériences en activités pérennes et structurantes pour notre territoire.
Pour ce faire, nous avons le plaisir de vous annoncer le lancement d’une étude visant à implanter une plateforme de remploi des matériaux du bâtiment sur le territoire de Caen La Mer qui répond aux besoins identifiés lors de nos premières expérimentations menées sur le terrain auprès des acteurs de la construction. La plateforme a pour objectif de fournir des éléments directement réemployable et d’accompagner les professionnels dans la mise en oeuvre et l’intégration de ces éléments. La plateforme joue également un rôle de médiation. En étant le support à des actions de sensibilisation, elle participe à opérer une transition vers plus de développement durable dans le bâtiment.

Si ce projet vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter ([email protected]). Et si vous souhaitez en savoir plus sur nos expériences “réeemploi”, nous vous invitons à venir assister à la table ronde qui aura lieu jeudi 28 mars prochain à partir de 14h au Wip
Références (Historique, grande entreprise…) :
Jusqu’au début du 20e siècle, les pratiques de réemploi de matériaux étaient omniprésentes dans le secteur du bâtiment. Marginalisées au profit d’une logique de démolition-enfouissement, ces pratiques sont aujourd’hui en passe de se réinventer. Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou encore en Belgique, les pratiques sortent de leurs niches et le marché est en train de se structurer. En France, des collectifs d’architectes engagés, des bureaux d’études, des consultants indépendants, des associations et des start-ups multiplient les expériences. Localement, quelques initiatives en faveur du réemploi émergent, comme le projet Möbius pour le réemploi du mobilier, le projet de ressourcerie dans l’Eure porté par l’Abri , Abbei et ATD ou encore celui de LH0 au Havre. Autant d’expériences qui rendent lisibles et accessibles les démarches de réemploi et qui démontrent la volonté des commanditaires d’explorer cette piste pour réduire l’impact carbone de leurs activités de construction et de démolition. Nous considérons ces émergences comme des exemples encourageants, moteurs et complémentaires de notre projet.
Petit mot sur le réemploi :
Rien ne se gagne, rien ne se perd, tout se récupère !
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